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Le 18/03/2026
Je savais que le château de Branzac ne se visitait pas mais j'espérais l'apercevoir.
Que néni, même pas de la route (peut-être pas pris le bon chemin), alors ma curiosité légendaire me pousse à faire des recherches et je ne suis pas déçue. Ce château est un mélange d'histoires et de légendes.
Avant de partager avec vous une description du château et son histoire, je vous conseille la lecture de ces deux vidéos qui permettent une excellente vision du site.
Le château de Branzac est un château du XVe siècle, remanié à la Renaissance, aujourd'hui en ruines, qui se dresse dans l'ancienne commune de Loupiac fusionné depuis 1972 à Pleaux, dans le Cantal.
Descriptions
Extérieurs
Il comporte deux grosses tours rondes et un corps de logis rectangulaire Renaissance avec des fenêtres à meneaux et une tourelle d'escalier polygonale.
L'ensemble est entouré d'une enceinte flanquée de tours pour le protéger du côté plateau, l'autre côté étant plus difficile d'accès à cause des pentes abruptes de la Maronne.
Alors qu'il était voué à la disparition, un nouvel acquéreur a entrepris de dégager et de consolider ses ruines.
En fait, la ruine est due en partie à la démolition par dynamite d'un angle du château afin d'utiliser les matériaux pour la construction du viaduc de la voie ferrée.
Intérieurs
Abandonné depuis un siècle, certaines de ses cheminées ont été démontées pour être remontées dans d'autres châteaux comme Pesteils et Conros.
Une de ses particularités les plus remarquables, est l'ensemble de fresques et de devises humanistes qu'avait fait réaliser Camile Caracciolo, des Princes de Melfi, une des filles d'honneur de Catherine de Médicis, alors comtesse d'Auvergne. En effet, Camille avait épousé à Paris en 1547 Claude de Pestels de Lévy, seigneur de Branzac et Polminhac.
Elles sont aujourd'hui fortement dégradées, mais elles étaient encore lisibles au début du XXe siècle.
Alors pour nous faire rêver, j'ai trouvé un descriptif de 1859 d'un certain DELALO Em:
Je crains bien que depuis cette époque elles n'aient éprouvé de nouvelles dégra. dations. La destination de la grande salle de Branzac a subi depuis la révolution de nombreuses vicissitudes : employée quelquefois comme grange supplémentaire pour serrer les récoltes, elle servait, quand je l'ai visitée, de dortoir aux domestiques de la ferme. Sans me dissimuler qu'une froide description ne peut donner qu'une idée imparfaite d'une peinture, j'ai pensé que les notes que j'ai prises dans le temps sur les lieux présenteraient quelque intérêt pour l'histoire des mœurs, et peut être pour celle de l'art, au xvr siècle, dans la Haute-Auvergne.
Le château de Branzac est en partie détruit; il ne reste debout qu'un grand corps de logis flanqué à l'occident de deux tours rondes, et dont la façade tournée au levant est ornée d'une élégante tour à pans coupés. C'est dans cette tour qu'est placé l'escalier à vis.
En entrant dans la tour, on trouve au rez-de-chaussée, à gauche, une porte d'entrée; c'est celle de la grande salle; placée dans un angle de cette pièce, elle fait face à une autre porte qui se trouve dans l'angle correspondant et qui donne accès dans un cabinet voûté. La salle est éclairée par trois grandes croisées, dont deux sont au levant et la troisième au couchant.
Une immense cheminée servait à la chauffer. Elle a 3 mètres 50 centimètres de largeur, 2 mètres de hauteur et 1 mètre 35 centimètres de profondeur. Les chambranles sont formés par deux faisceaux de colonnettes, le manteau est orné de sept rangs de moulures arrondies, le tout en pierres taillées.
Au-dessus de la porte d'entrée on a peint une Diane en pied, tenant une lance de la main droite et appuyant la main gauche sur le bois d'un cerf. A sa droite est une biche, à ses pieds un lièvre, dans un coin on voit un sanglier.
A gauche de la porte on a représenté un personnage portant sur son dos une hotte pleine de rats; en avant est cette inscription :
« Gardez-vous bien d'ung rappourteur. »
En face, un suisse, le casque en tête et la hallebarde à la main, lui défend l'entrée en ces termes:
Qui rit et mort, qui mèsdit et rapporte
N'entre point céans je lui défans la porte.
Plus haut et au-dessus de ces deux figures, dans un médaillon, on voit Vénus couchée; elle est nue; Mars est à son côté. Ce médaillon est surmonté d'arabesques d'un bon goût.
Au plafond de l'embrasure de la première croisée, on remarque un astrologue à longue barbe, à figure noire, tenant un bouclier à la main. Autour de ce personnage on lit :
« Ne te fide n as inganato. »
On pourrait, je crois, traduire ainsi cette inscription en partie effacée : « Ne te fie, tu ne seras trompé. »
Plus bas sont ces deux vers:
Ceste figure en bon cens signifie
Que se est traitr'en qui plus on se fie.
Entre les croisées le mur est couvert d'arabesques qui encadrent deux médaillons en grisaille, représentant des chevaliers armés de toutes pièces , la téte baissée, la lance en arrêt, combattant en champ clos.
Au plafond de l'embrasure de la seconde croisée on voit un écusson parti, au premier de Pestels, au second de Lévy, avec cette jolie devise:
« J'atens fortune. »
A gauche de la cheminée, un docteur assis dans un fauteuil, ayant une longue barbe, vêtu d'une longue robe fourrée, coiffé d'une barrette noire, tient une plume à la main et écrit. Auprès est cette légende:
Qui sapiens est jam mortem ante oculos
Considerat, jam se mortem (pour mortuum) reputat,
Quam se moriturum pro certo siat (sic).
1571.
Sur le manteau de la cheminée on avait peint trois écussons complètement effacés; celui du milieu avait deux griffons pour support et une tête de Maure pour cimier.
A droite de la cheminée est un trophée d'armes composé d'une lance surmontée d'un casque a laquelle sont enlacés symétriquement la cuirasse, les brassards, le bouclier, la dague, les gantelets et les cuissards.
Au-dessus de la seconde porte est un portrait en pied, sans doute celui du seigneur de Branzac. Il est vêtu d'un pourpoint et d'un haut-de-chausses noir ; il porte par dessus une robe courte, ouverte sur le devant et doublée d'écarlate. Sa main gauche est appuyée sur la garde de son épée; de la droite il tient un gant. La figure et la coiffure ont té refaites, et on a eu la singulière idée de substituer un tricorne à lu toque de velours ou au chapeau à plumes du XVI° siècle.
Au plafond de l'embrasure de la croisée occidentale une jeune et jolie femme, richement parée, vêtue d'une robe noire, coiffée d'un chapeau de feutre à haute forme et à bords étroits, se regarde dans un miroir qui reproduit une tête de mort. Au-dessous on lit cette inscription fort morale sans doute, mais peu galante.
Ne peult estre homme sans estre charitable.
Qui faict ses choses par conseil loing ou près ,
Aucunement ne s'en repent après.
Travailler doit chascun en sa jeunesse
Pour mieulx avoir repos en sa viellesse.
Prudence apprent à vivre par raison ,
La ou elle est heureuse est la maison.
Faveur a maint porte grand préjudice.
Là ou elle est ne règne point justice.
Il n'est péché tant soit tenu celé ,
Qu'enfin ne soyt cogneu et révelé.
La famme faict ou défaict un ménage ,
Qui bonne l'a est heureux en son cage.
Petit parler et belle contenance ,
Doit estre en famme sans nulle différence.
Humillité a tout homme bien siet
Plus se tient bas et plus haut ou l'assiet.
A son amy on ne doit rien celer,
Ny le secret d'y celluy révéler.
Amy féal vault mieulx qu'argent ne or
Qu'en peult trouver amasse grand trésor.
Donner a point, saigement retenir .
Faict en éstat le riche homme tenir.
Aymer flatteurs, croyre légierement .
Engendre maulx innumérablement.
La plus haute salle du château était ornée de peintures du même style que celles de la grande salle; il n'en reste plus qu'un fragment dans l'embrasure d'une croisée. Un jeune homme en manteau court salue une jeune femme vêtue d'une robe- traînante. Au bas on lit ces vers qui montrent, la décadence des idées chevaleresques.
A maryer la fille est amyable
Mes tost après elle est pire diable
Dans cette embrasure est un siége en pierre, surmonté d'un dais gothique du style flamboyant. Les sculptures en sont fort délicates et d'une bonne exécution.
Les fresques de Branzac, si l'on en excepte les arabesques et les grisailles, sont peu remarquables au point de vue de l'art; mais comme représentation de l'esprit et des mœurs de l'époque, elles ont leur valeur. D'une part, cette image de la mort reproduite sous divers aspects, ces sentences lugubres ; de l’autre, le tableau très-peu voilé des amour» de Mars et de Vénus sont caractéristiques et portent la vive empreinte de cette ère où l’on jouait avec la mort, tout en se livrant à la débauche (châteaubriant, Etudes hist.)
La maxime italienne, surtout par la pensée, que nous avons citée, et l'orthographe de certains mots, me portent à penser que les peintures murales du château de Branzac sont d'un artiste italien. Cette conjecture prend plus de force si l'on considère qu'en 1571 le château de Branzac appartenait à Claude de Pestels, qui avait épousé en 1347 Camille Caraccioli, fille de Jean Caraccioli. prince de Melphes au royaume de Naples.
L'écusson qui représente les armes de Pestels et de Lévy, pourrait faire présumer que ce n'est qu'après le mariage de Jean-Claude de Pestels avec Jeanne de Lévy, qui eut lieu en 1574, que ces peintures ont été exécutées; mais cette conjecture ne serait pas fondée : ces peintures portent la date de 1571 ; d'ailleurs il m'a semblé que l'écusson était d'une autre main et avait été peint après coup.
Historique
Branzac était, avant 1789, le siège d'une viguerie ou justice seigneuriale régie par le droit coutumier et ressortissait à la sénéchaussée d'Auvergne, en appel du bailliage de Salers.
Formes du nom
• Varanzac, en 1150[3] et en 1464 (terrier de Saint-Christophe).
• Vranzac, en 1580 (terrier de Polminhac) et en 1610 (dans un aveu de Jehan de Pestels).
• Vranzat, en 1627.
• Brenzac, 1687 ; Brensac, 1690 ; Bransac, 1736 (état civil).
Possesseurs successifs
• Après 1324, Aymeric III de Pestels acquiert les droits indivis de la châtellenie et de la viguerie de Branzac de Bertrand de Vigier, puis de Bertrand de Vigouroux. Par la suite, il hérita du surplus de la viguerie en vertu d'un testament de Philippie de Vigouroux, veuve de Hugues de Sérinhac. En outre, Bertrand de La Tour et Guy son fils lui vendront leurs droits moyennant 300 Florins d'or.
• En 1636, Jean VI de Tubière de Grimoard de Pestels de Caylus, (1637-1679) comte de Pestels, de Caylus, de Verfeils, seigneur de Fontanges, de Branzac, épouse Madeleine de Bourbon, fille d'Henri III de Bourbon (1577-1649), baron de Malause, et de Marie de Châlon.
• Le château et la seigneurie de Branzac sont acquis par la famille de Robert de Lignerac.
• En 1777, Paul d'Anglars de Bassignac (1718-1796), seigneur de Bassignac, Pestels, Fontanges, capitaine d'infanterie au Royal-Roussillon, puis lieutenant des Maréchaux de France au département d'Aurillac, achète Branzac à Achille Robert de Lignerac. Vers la même époque, Pierre-André Beynaguet (1744-1804), devient fermier (régisseur) de la baronnie de Branzac.
• En 1833, Barthélémy d'Anglars, seigneur de Bassignac, fils du précédent, officier, ancien président de l'assemblée provinciale à Mauriac, vend le château et le domaine de Branzac à Jean Servet, de Saint-Santin-Cantalès.
Légendes
Côté légendes, rien de mieux que d'écouter un conteur. Cette vidéo reprend plusieurs sites de légendes.
Le premier chapitre raconte celles du château de Branzac. Nous la retrouverons dans deux autres articles de mon vagabondage dans le Cantal.
Le 13/05/2024
Lors de ma visite de l'église prieurale de SAINT-THIBAULT, j'ai découvert grâce à Mr André Beuchot, une mare abreuvoir adossée au lavoir.
Quand je pars en vadrouille, j'utilise souvent ces articles passionnants sur les communes de la Côte-d'Or dans l'écho des communes.
La mare abreuvoir s’étire contre le lavoir dans le centre de la cité, légèrement en contrebas. Quelques marches terminées par un pavage en petits carreaux d'argiles permettent de descendre jusqu'au bassin. De quoi justifier l'ancien nom de Fontaine ou Fontaine-sur-Armançon attribué au village après la Révolution.
J'en ai profité pour demander à Google Maps de créer un repère pour situer le lavoir rue du Gué avec 3 de mes photos. C'est chose faite.
Le 13/05/2024


L'histoire de ce lieu magique commence au XIIe siècle. À l'époque, il y a sur ce site une chapelle consacrée à Notre-Dame de Pena. Sur ce même lieu, Manuel Ier fait édifier un monastère, le monastère royal de Notre-Dame de Pena, par la suite confié à l'Ordre de saint Jérôme.
Couvent de Pena en 1834 - Biblioteca Nacional de Portugal
Le tremblement de terre qui touche Lisbonne en 1755 laisse le monastère presque en ruines. Même dégradé, le monastère reste actif, mais après près de cent ans, en 1834, quand l'extinction des ordres religieux est décidée au Portugal, il est laissé à l'abandon. Le parc de Pena conserve encore quelques endroits qui rappellent cette époque, comme la grotte du Moine, où les moines allaient se recueillir.
Deux années plus tard, en 1836, Maria II épouse Ferdinand de Saxe-Cobourg et Gotha, un prince de la maison de Saxe-Cobourg et Gotha, neveu du duc régnant de Cobourg Ernest Ier et du roi Léopold Ier de Belgique. Conformément au contrat nuptial, Ferdinand reçoit le titre de roi consort.
Ferdinand II est l'un des hommes les plus cultivés du Portugal au XIXe siècle. Polyglotte, il maîtrise l'allemand, le hongrois, le français, l'anglais, l'espagnol, l'italien et, bien sûr, le portugais. Enfant, alors qu'il est encore duc de Saxe-Cobourg et Gotha, il reçoit une éducation soignée où les arts, en particulier la musique et le dessin, occupent une place fondamentale. Toute sa vie, il a été très lié aux arts, en tant qu'auteur, collectionneur et mécène, raison pour laquelle il a reçu le surnom de Roi-Artiste.
Peu après son arrivée au Portugal, il se prend de passion pour Sintra, et fait l'acquisition, avec sa fortune personnelle, du monastère Saint-Jérôme, en ruines, ainsi que de toute la zone boisée qui l'entoure. Ce monastère du XVIe siècle exerce sur le roi une incroyable fascination, qui s'explique par son éducation germanique et l'imaginaire romantique de l'époque. Les collines et la mise en valeur esthétique des ruines l'attiraient irrémédiablement. Le projet initial prévoit uniquement la récupération du bâtiment pour en faire la résidence d'été de la famille royale, mais son enthousiasme l'amène à se décider pour la construction d'un palais, en prolongeant le bâtiment existant, sous la direction du baron Wilhelm Ludwig von Eschwege, minéralogiste et ingénieur des mines qui réside alors au Portugal. L'édifice est entouré d'autres bâtiments qui évoquent l'imaginaire médiéval avec des chemins de ronde, des tours de guet, un tunnel d'accès et même un pont-levis. Le palais comprend des références architecturales d'influence manuéline et mauresque qui composent un surprenant décor digne des Mille et Une nuits.
Dans le parc, expression de l'esthétique romantique et qui allie la recherche de l'exotisme à l'impétuosité de la nature, le roi dessine des sentiers sinueux qui mènent le visiteur à la découverte de lieux de référence ou d'où l'on peut admirer des vues remarquables : la Haute Croix, le temple aux Colonnes, le sommet Sainte-Catherine, la grotte du Moine, la fontaine aux Petits Oiseaux, la Fougeraie de la reine et la vallée des Lacs. Ferdinand II, guidé par son âme de collectionneur, plante des essences originaires de tous les continents le long des chemins. Les 85 hectares du parc de Pena deviennent le plus grand arboretum du Portugal. Soulignons notamment les collections de camélias asiatiques, qu'il introduit dans le parc de Pena au cours de la décennie 1840 et qui sont devenus l'emblème de l'hiver de Sintra et le motif de bals et de fêtes. Cet arboretum exotique encadre des pavillons et de petites constructions, composant un paysage d'une inégalable beauté naturelle, mais aussi d'une grande valeur d'un point de vue historique et patrimonial.

Le palais lors de sa construction vers 1850
Après la mort de Maria II, en 1853, Ferdinand II épouse en secondes noces Élise Hensler, chanteuse d'opéra et comtesse d'Edla. Ensemble, ils conçoivent le chalet de la comtesse d'Edla, situé dans le parc de Pena. Cette construction à un étage, d'inspiration alpine, comporte une dimension scénique et conserve une claire connexion visuelle avec le palais.
La seconde phase d'occupation de Pena par la famille royale est marquée par la présence du roi Carlos Ier (1863-1908) et de la reine Amélie d'Orléans (1865-1951). Ces monarques habitent le palais une partie de l'été, avant de passer également un peu de temps dans la citadelle de Cascais. Leur fils, Manuel II, séjourne également pendant de longues périodes dans ce palais, où il conserve ses anciens appartements d'infant à l'étage noble de la Tourelle, et utilise les anciennes pièces de son père au niveau inférieur du cloître pour ses fonctions officielles.
La reine Amélie apprend la proclamation de la République, le 5 octobre 1910 dans le palais de Pena, qu'elle quitte pour se rendre à Mafra auprès de sa belle-mère, Maria Pia de Savoie, et de son fils, Manuel, avant d'embarquer sur le yacht royal Amélia IV à Ericeira, à destination de Gibraltar.
Le palais de Pena est classé monument national en 1910 et c'est désormais le pôle le plus important du Paysage culturel de Sintra, inscrit par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité depuis 1995.
En 2000, le parc de Pena passe sous administration de Parques de Sintra, suivi en 2007, par le palais. En 2013, le palais national de Pena est intégré au Réseau des résidences royales européennes.
Parques de Sintra a fourni un travail de longue haleine en matière de conservation, de restauration et de revalorisation du vaste patrimoine que forment le parc et le palais de Pena, notamment en ce qui concerne le projet de reconstruction du chalet de la comtesse d'Edla – récompensé en 2013 par le prix du patrimoine culturel de l'UE/Concours Europa Nostra, dans la catégorie Conservation – et la restauration intégrale du Salon noble du palais de Pena.
Le cloître manuélin

L'accès des visiteurs aux intérieurs du palais de Pena se fait par le parcours réservé à la famille royale jusqu'en 1910, qui correspond aussi à l'entrée des moines dans le monastère durant la période antérieure à 1834. Ferdinand II a restructuré cette entrée en créant un double escalier à volées parallèles, qui mène au petit cloître manuélin.
Ce cloître, construit autour de 1511, témoigne du peu de membres dont était composée cette communauté monastique. L'exiguïté des espaces conventuels a contribué au caractère intimiste de la résidence de Ferdinand II, qui correspondait d'ailleurs aux principes de confidentialité et de confort du XIXe siècle.
Des galeries s'ouvrent sur un patio carré par des arcs en plein cintre au rez-de-chaussée et des arcs en anse de panier à l'étage. Les murs entourant la cour sont ornés de différents types d'azulejos hispano-mauresques à l'émail cloisonné à la « corde sèche » et aux motifs géométriques.







Salle à manger et Office

Ferdinand II a transformé l'ancien réfectoire conventuel et sa voûte nervurée manuéline datant du XVIe siècle en salle à manger privée de la famille royale.
Soulignons notamment la fonctionnalité de cette table ronde qui grâce à des rallonges peut s'adapter aux différents besoins du quotidien et accueillir environ 24 convives.
La table a été mise afin de présenter un ensemble de pièces issues d'un des services de porcelaine du palais datant de la période monarchique, ainsi que des verres en cristal aux différentes couleurs arborant la couronne royale. Les corbeilles et le centre de table sont garnis de fruits et de fleurs de cette époque, selon les mêmes compositions utilisées du temps de la famille royale.
Dans le vaisselier de l'office sont exposés deux services de Ferdinand II (XIXe siècle), marqués du monogramme du roi : l'un provenant de la manufacture Vista Alegre, orné d'un liseré vert d'eau, et l'autre, de la manufacture Pickman, à Séville, avec un liseré bleu. Au centre, il y a le service de Limoges (Haviland), en porcelaine blanche, commandé sous le règne de Carlos Ier.

Appartements du Roi Carlos

Contrairement à son grand-père Ferdinand, le roi Carlos a résidé au rez-de-chaussée du cloître manuélin, laissant les appartements de l'étage à son épouse, la reine Amélie.
Le bureau du roi servait à la fois de lieu de travail et de séjour, et précédait sa chambre à coucher. Sur les murs sont exposées des peintures sur tissu, œuvres du monarque lui-même, qui représentent des nymphes et des faunes dans le parc de Pena. Il se peut que les peintures soient restées inachevées en raison du régicide de 1908, quand le roi et son fils aîné ont été assassinés sur la place du Commerce à Lisbonne.
La pièce suivante a été adaptée pour Carlos en salle de bain, reflet des avancées scientifiques du XIXe siècle. À cette époque, on découvrait l'importance pour la santé de l'hygiène personnelle. C'est également dans cette pièce que le roi s'habillait.
Chambre du Roi Ferdinand

C'est la principale chambre à coucher du palais de Pena.
Initialement, Ferdinand II avait prévu d'aménager ses appartements, pour Maria II et lui-même, dans la tourelle du Nouveau Palais. Mais la reine est décédée avant que cette aile ne soit achevée. Le roi veuf reste alors dans l'ancien monastère, occupant cette chambre avec vue sur le château des Maures.
Plus tard, toujours en dehors des conventions, il rompt avec l'ancienne habitude de la haute société et il partage sa chambre à coucher avec sa compagne, la future comtesse d’Edla, qu'il n'épousera qu'en 1869.
La génération des petits-enfants est plus conservatrice et fait chambre à part : le roi Carlos laisse ces appartements à la reine Amélie et s'en va occuper les anciennes chambres des domestiques au rez-de-chaussée du cloître.
La décoration en stuc peint selon des motifs néo-mauresques de 1882, dont Domingos Meira est l'auteur, reflète le goût du roi pour l'exotisme inspiré de l'héritage musulman de la culture portugaise.




Cabinet de toilette de la Reine Amélie et Salon de thé

Des meubles qui se trouvaient dans la pièce destinée à la toilette de la reine Amélie ne restent que la commode-coiffeuse, la grande armoire et le miroir pourvu de 12 tiroirs. La décoration en stuc peint, imitant différents types de bois, suit la mode de la seconde moitié du XIXe siècle, qui cherchait à introduire le monde naturel dans l'art.


La pièce suivante, le Salon de thé, était le prolongement des appartements privés de la reine Amélie. Situé entre ses appartements privés et le bureau, elle y recevait la visite des personnes qui lui étaient les plus intimes.



Bureau de la Reine

Autrefois Salle de la comtesse d'Edla, cette pièce est par la suite devenue le bureau de la reine Amélie. Du temps de la reine ont été conservés le secrétaire, où elle rédigeait sa correspondance, et les étagères en palo santo. Les colonnes en bois, le cabinet espagnol et les pièces en porcelaine de Meissen sont plus anciennes car ils remontent à l'époque de la comtesse d'Edla.
Salle des Visites

Cette salle présente l'unique fresque figurative de tout le palais. Commande de Ferdinand II au maître Paolo Pizzi en 1854, elle s'inspire de l'architecture islamique (Andalousie).
La perspective créé l'illusion d'un espace plus vaste que les limites de la pièce. Au-dessus des fenêtres sont peintes des vues du palais lui-même, qui à ce moment-là était encore en cours de construction. Le mobilier ancien portugais qui s'y trouve n'a pas bougé depuis la construction du palais.
La décoration originale de cette salle et l'environnement créé par le roi Fernando II au XIXe siècle ont été récemment restaurés. Le point culminant est la reconstitution de textiles en velours bleu.


Salle verte

C'est la première salle du palais de Pena à être ornée d'une décoration murale : la peinture en clair-obscur vert qui s'y trouve encore aujourd'hui. Elle servait d'antichambre à la salle des Visites.
Les quatre bustes représentent : Pedro V ; Louise d'Orléans, reine de Belgique ; Carlo Alberto, roi de Sicile ; et une allégorie de l'hiver.
Fumoir
Le fumoir du palais de Pena est un exemple de la mode en vigueur dans les résidences revivalistes du XIXe siècle : nous avons ici un style arabisant évoquant les narguilés, ces pipes à eau typiques de cette culture.
Dans le contexte revivaliste portugais, la référence au passé islamique se fait à travers l'art des populations mauresques de la péninsule Ibérique, restées après la reconquête chrétienne : l'art mudéjar. En l'occurrence, le plafond de ce fumoir a pris pour modèle le plafond de la chapelle du palais de Sintra du XIVe siècle.
Le mobilier en chêne est une commande de 1866 à la maison Barbosa e Costa, à Lisbonne. Il est tapissé d'une reproduction du textile original de la période monarchique.
Cette salle a également servi de salon de musique.




Grand Salon

Le Grand Salon est la plus grande pièce du palais de Pena. Conçu comme une salle de billard, c'était la plus grande salle de vie et de loisirs du palais. Aussi bien la table de billard, ôtée en 1940, que les tables faisant face aux canapés dont le dossier se prolonge par un panneau pourvu de miroirs, conféraient à la salle une atmosphère décontractée. Les étagères intégrées à la partie haute des canapés accueillaient la collection de porcelaine orientale – japonaise et chinoise – de Ferdinand II.
Le lustre de 72 bougies et 4 lampes à pétrole, ainsi que les candélabres des torchères, tous en laiton plaqué or, révèlent son goût pour les formes de style gothique. Le monarque a fait installer sur trois fenêtres du Salon sa collection de vitraux d'Europe centrale.




Appartements de Manuel II

Dans ces deux pièces ont été reconstitués le bureau et la chambre à coucher du dernier roi du Portugal, Manuel II, qui a choisi cette aile du palais pour y installer ses appartements.
On y trouve plusieurs objets appartenant aux anciennes collections royales et plusieurs meubles d'origine. Il y a notamment le secrétaire du roi et son lit en palo santo et bois de rose.
Salle Ferdinand II

Cette pièce a servi jusqu'en 1910 de chambre à coucher pour Franz Kerausch, le précepteur autrichien de Manuel II. Elle évoque aujourd'hui la mémoire de l'arrière-grand-père de ce roi, Ferdinand II, avec une sélection d'objets illustrant ses centres d'intérêt en tant que collectionneur et artiste amateur.
Salle des Derniers Résidents

Dans l'actuel projet muséographique, cette petite salle est consacrée aux derniers monarques ayant résidé au palais. C'était à l'origine le cabinet de garde-robe de la chambre à coucher principale, elle était alors meublée d'armoires.
Soulignons le centre de table en argent offert par un groupe de dames parisiennes à la princesse Amélie à l'occasion de ses noces avec Carlos Ier en 1886. Il représente un navire (emblème de la ville de Paris) soutenu par deux sirènes symbolisant la Seine et la Marne.
Salle des Cerfs
Dans les châteaux romantiques germaniques, il était fréquent d'avoir une salle des Cerfs dont la décoration évoquait l'une des activités classiques de la noblesse : la chasse. Nous avons ici des têtes de cerfs exposées, réalisées en stuc mais dotées de véritables bois. Ce thème explique le choix de cette pièce pour organiser les banquets.

Cuisine
Il s'agit de la plus grande cuisine du palais de Pena. Elle conserve encore deux des trois fourneaux d'origine.
Parmi les nombreux ustensiles en cuivre – casseroles, marmites, poêles, poissonnières, bouilloires – figure la série de moules exposés en vitrine, marqués des initiales P.P. (Palais de Pena) et du monogramme du roi Ferdinand. Ils ont des formes très variées. Il y a des moules à pudding aux allures de châteaux fantastiques ou des moules pour les pâtés en forme de cochon de lait ou de volaille, selon l'ingrédient principal.
Chapelle

La chapelle du palais est le résultat de l'adaptation de l'ancienne église monastique de Notre-Dame de Pena.
Jusqu'à l'extinction des ordres religieux, cette église était ouverte aux fidèles (qui arrivaient au monastère de Pena par le chemin des Pèlerins), bien qu'elle n'ait pas de fonction paroissiale.
Le retable du maître-autel de l'ancienne église, en albâtre et en calcaire de la région de Sintra, a été exécuté entre 1529 et 1532, par le sculpteur d'origine française Nicolas de Chantereine, suite à une commande de João III, fils de Manuel Ier, le bâtisseur du monastère.
Soulignons le vitrail de Ferdinand II, sur le mur opposé au maître-autel, qui date de 1840, soit peu de temps après le début de la construction du palais. Il a été fabriqué dans le célèbre atelier de vitraux de Nuremberg, de la famille Kellner. Le vitrail révèle les intentions artistiques, ainsi que la volonté de légitimation politique, qui sous-tendent la construction du palais.




Terrasse de la Remise des carrosses

L'entrée dans l'enceinte du palais de Pena se fait par une porte en arc outrepassé décorée d'azulejos, s'inspirant de la porte de la Justice de l'Alhambra de Grenade, en Espagne. Ferdinand II a fait construire ce palais à la manière des châteaux romantiques alors en vogue en Allemagne, mais il y a aussi fait inclure des références aux Découvertes portugaises. Il a été un pionnier dans la mise en valeur de l'héritage mauresque dans la culture ibérique.
Lorsque le visiteur arrive sur la terrasse de la Remise des carrosses, il aperçoit immédiatement la Haute Croix qui se dresse sur le point culminant des collines de Sintra, à 528 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer. Cette aile est une évocation de l'Inde, avec ses « visières » en pierre au-dessus des fenêtres (qui s'utilisaient là-bas contre les pluies de la mousson) et le belvédère d'angle coiffé d'une coupole en bulbe, à la manière des forteresses du nord de l'Inde. À l'origine, le rez-de-chaussée était occupé par la remise des carrosses et il y avait trois chambres de domestiques à l'étage.
Porte monumentale

La Porte monumentale est un arc de triomphe où sont visibles des éléments de l'architecture portugaise du XVIe siècle, le même siècle de la construction du monastère.
De chaque côté, elle est flanquée de guérites semblables à celles de la tour de Belém. La façade présente un bossage en pointe de diamant s'inspirant de la Casa dos Bicos à Lisbonne. L'arc qui borde l'ouverture est lui décoré par un bossage en demi-sphère à la manière du palais de Cunhal das Bolas dans le quartier du Bairro Alto, à Lisbonne, qui inclut des serpents entrelacés.

Juste derrière cette porte monumentale, on traverse le pont-levis qui donne sur le tunnel qui mène aux cours supérieures.



Terrasse du Triton

Cette terrasse marque l'entrée de ce qu'on appelle le Nouveau Palais.
Le triton est un monstre mythologique, mi-homme, mi-poisson. Cette entrée est, comme le triton qui l'orne, divisée entre mer et terre. Le monde aquatique est au niveau inférieur : l'arche néogothique est décorée de coraux qui supportent trois coquillages, sur l'un desquels est assis le triton. Le monde terrestre est au niveau supérieur, comme en atteste l'arbre qui prend naissance sur la tête du triton, encadré de vignes qui tapissent toute la fenêtre en saillie que le monstre semble soutenir.
Ce monstre est probablement une allusion à un personnage de l'épopée des découvertes, les Lusiades de Luís de Camões, qui le décrit au chant VI :
« Triton [...] est un jeune dieu de haute stature, noir et difforme [...].
Sa barbe, et ses cheveux qui tombent
sur ses épaules, sont des herbes limoneuses
d'où l'eau ruisselle ; jamais, on le voit bien,
la dent du peigne n'y a pénétré [...]. »

Cour des Arcades

Par les arcades qui donnent leur nom à cette cour, on peut admirer un vaste paysage entre océan Atlantique et collines de Sintra.
Ce point de vue permet aussi d'apercevoir le parc de Pena, créé par Ferdinand II, qui a transformé le paysage agreste des collines en un parc romantique à la manière germanique, avec des arbres importés du monde entier.
Signalons la fenêtre exubérante au-dessus du tunnel du triton, une version simplifiée de la célèbre fenêtre manuéline du couvent du Christ, à Tomar, avec laquelle Ferdinand a lancé le néo-manuélin, le style revivaliste par excellence au Portugal.
À l'extérieur, juste en dessous des arcades, on peut voir l'ancien chemin des pèlerins, que les fidèles parcouraient depuis Sintra pour assister à la messe dans l'église du monastère de Pena.
Chemin de ronde

Le palais de Pena a été conçu comme un château de conte de fées, imitant les châteaux du Moyen Âge, toujours pourvus d'un chemin de ronde qui faisait tout le tour de l'édifice et d'où l'on surveillait les environs.




Le chemin de ronde du palais de Pena n'a aucune utilité militaire, bien au contraire, tout comme l'ensemble du palais, sa fonction est récréative. De ce chemin, on aperçoit le château des Maures, la Quinta da Regaleira et le palais de Seteais, les plages de Sintra et d'Ericeira et, au nord, le couvent de Mafra. Par temps très clair, on peut également distinguer les îles Berlengas.



Le 10/05/2024
Sur la route des grands crus de Bourgogne, l'eau peut aussi retenir notre attention. S'il y a de nombreux lavoirs restaurés en Bourgogne, qui font partie du petit patrimoine souvent rural méritant d'être sauvegardé, celui de Fixin est sans doute l'un des plus beaux et il est d'ailleurs classé monument historique depuis plus d'un quart de siècle.
Daté de 1827, il serait attribué à l'architecte Auguste Sirodot.
Très important, le lavoir de Fixin est remarquable par sa galerie en hémicycle et sa forme circulaire. Avec ces colonnes, cette galerie nous fait penser à un déambulatoire.
L'ensemble en demi lune est ouvert en façade. La toiture est portée par le mur du fond à l'arrière et des colonnes à l'avant, elle n'abrite que la zone réservée aux lavandières. Le bassin est entièrement à ciel ouvert.
Autre particularité, son alimentation par une source ferrugineuse, celle du Chaulois.
L'eau de la source de Chaulois qui l'alimente possèderait d'étranges vertus. Très ferrugineuse, elle était recommandée pour combattre "les obstructions et maux d’estomac".
Le 17/08/2023
Bonjour à toutes les vagabondeuses et les vagabondeurs.
Dans mon précédent article sur le Château de BROCHON, j'ai évoqué les commodités dont bénéficiait cette demeure et plus particulièrement l'alimentation en eau par une éolienne.
Ma curiosité m'a donc poussé à retourner à Brochon pour voir par moi-même.
J'en profite pour vous présenter un peu la commune et ce que j'en ai vu.
Bonne lecture.
Brochon est une commune viticole française située dans le département de la Côte-d'Or, en région Bourgogne-Franche-Comté.
Ce village touristique et viticole, situé sur la route des Grands Crus le long de la côte de Nuits jouit d'une réputation mondiale de prestige grâce à ses vins de Bourgogne dont le plus célèbre Gevrey-Chambertin Les Evocelles.
Les habitants de Brochon se nomment les Brochonnais. Ce petit village est jumelé avec Weinolsheim.
Histoire
Le toponyme de Brochon tire son origine de la Villa Briscona (878). On trouve dans des écrits de 1190 le nom de Brochun avant que ne s'impose la forme définitive de Brochon (1550).
Une nécropole mérovingienne découverte au xixe siècle, au Clos Dubard et au Pré Maley, témoigne d'une présence humaine ancienne sur le territoire de Brochon.
Au Moyen Âge, le village est placé sous l'autorité de plusieurs seigneurs et ordres religieux.
On trouve en 801, la maison Dieu, un hôpital: Moutier, (qui signifie ancienne abbaye) chartreuse fondée par Charlemagne moines hospitaliers de la congrégation Saint-Antoine, ensuite avec les guerres elle fut bien abimée et a servi de léproserie puis détruite. Les moines ont été s’installer en 1385 à Champmol à Dijon où Philippe le Hardi et Marguerite de Flandres leur avaient fait construire Champmol.
Blasonnement :

D'azur à l'aigle d'or tenant un lis des jardins d'argent (au naturel) dans son bec.
Lieux et monuments
Le château de Brochon que je vous ai présenté dans mon article précédent.
Juste une petite photo de l'entrée du château
L'éolienne, parfois appelée « le moulin », a été construite juste avant 1900 par Stéphen Liégeard pour permettre l'alimentation en eau courante du château. Elle surmonte un réservoir sur lequel, selon certains dires, on pouvait autrefois circuler en barque. L'éolienne de Brochon (type 1) a été inventée par le Sarthois Ernest-Sylvain Bollée (1814-1891), qui servait au pompage de l'eau. Elle fut produite en France de 1872 à 1933, à environ 350 exemplaires, qui furent installés principalement en France, dans quarante-quatre départements. Environ 80 sont encore visibles. Ernest Sylvain Bollée a utilisé le mot « éolienne » pour la première fois (1885) comme nom commun et non plus comme un adjectif (énergie éolienne). Le mot se retrouve dans le Larousse quelques années plus tard en 1907. L'éolienne de Brochon est inscrite à l'inventaire des Monuments historiques depuis 1984.
Ernest-Sylvain Bollée dépose son brevet en 1868. Il imagine l'emploi d'une roue fixe dite « directrice » munie d'aubes courbes destinées à diriger les filets d'air perpendiculairement au plan de chaque aube de la roue motrice, mobile, située derrière et sur le même axe horizontal, « de manière à imprimer plus directement le mouvement à cette dernière ».
La roue motrice commande la transmission par l'intermédiaire d'un couple conique, et pour compenser la réaction du couple d'entraînement qui empêche ladite roue motrice « de se tenir complètement perpendiculaire au sens du courant du vent », Ernest-Sylvain Bollée excentre son axe horizontal de rotation par rapport à l'axe vertical d'orientation. Tout l'appareil moteur est monté à pivot sur une aiguille qui termine une grande colonne haubanée. Un escalier à spirale se développant autour de la colonne en fonte permet d'accéder à une plate-forme au-dessus et à proximité de laquelle se trouvent les roues directrice et motrice, le mécanisme d'orientation à moulin et le boîtier du couple conique supérieur.







Les inscriptions : certaines maisons du village portent de curieuses inscriptions : « Memento Mori », « plus de bien que de vie »...

L'église Saint-Symphorien : construite au xie siècle sur les bases de la chapelle primitive Sainte-Trinité, il ne reste de l'édifice roman que la base du clocher voûtée d'arêtes. Le chœur avec ses deux travées date du xve siècle. Des restaurations ont eu lieu aux xive et xviie siècles. Quant à la partie supérieure du clocher, elle est du xviiie siècle.









La Croix Violette
Cette demeure au toit vernissé, fît partie des propriétés de la famille Liégeard. C'est aujourd'hui une maison de retraite.


Domaine de SIRUGUE - Le Clos de la Belle Marguerite
Cette propriété fût donné en fief par le duc de Bourgogne Philippe le Hardi à Jacques de Crauson et son épouse Marguerite de Vergy dite la "Belle Marguerite" le 4 Juin 1372.

Quelques photos du vignoble de Brochon



Personnalités liées à la commune
• Marcel Caens, trompettiste ;
• Thierry Caens, trompettiste ;
• Crébillon ;
• Hugues-Iéna Darcy : cet ancien préfet se retire dans sa maison de Brochon en 1851;
• Gaston Liégeard ;
• Jean-Baptiste Liégeard ;
• Stéphen Liégeard ;
• Sœur Claire, religieuse.
Pour finir, je partage avec vous l'article de M. André Beuchot que l'on trouve dans les échos des communes. C'est grâce à lui que je découvre les communes de la Côte-d'Or.
Un curieux de passage à… BROCHON.
En 1980, une pièce d'habitation avec fondations en hérisson provenant sans doute d'une villa gallo-romaine fut mise à jour à 30 m au nord de l'église. Brochon livra également deux stèles, du mobilier et des sépultures d'époque gallo-romaine. L'occupation du territoire se poursuivit comme en témoigne la découverte d'une nécropole mérovingienne au XIXe.
En patois, Brochon, signifie : sarment sec. De quoi revendiquer un passé viticole pour ce village entouré de vignes parsemées de cabottes qui n'a pas droit à une appellation propre. La belle combe qui s'ouvre à l'ouest fut longtemps un des plus intéressants sites d'escalade de la région dominé par la "Dame Blanche", imposante roche en rive gauche. Le site est à présent classé en réserve naturelle. Au fond de la combe, une petite grotte sur la gauche (rive droite), abritera les promeneurs surpris par la pluie. Sa galerie étroite qui prolonge la belle voûte d'entrée, se trouve vite obstruée. En ressortant, vous pourrez garder votre lampe un instant pour pénétrer dans le deuxième piton rocheux qui émerge de la végétation par une minuscule ouverture en face, dénommée "l'Oreille du Lapin". Les promeneurs préféreront peut-être gagner le plateau par l'escalier aux Cent Marches et son petit pont rustique. Ils trouveront à 200 m une petite mare créée en 1989 à l'emplacement d'une zone marécageuse.
En redescendant au village, on passe devant une vieille et curieuse éolienne de Bollée XIXe alimentant autrefois en eau le château de Stéphen Liégeard installé en contrebas. Inventeur du terme "Côte d'Azur" en remplacement de "Riviera", il inspira à Alphonse Daudet le personnage du "Sous-préfet aux champs" des Lettres de mon moulin. Sur ce domaine ayant appartenu aux Chartreux était implanté un château fort entouré de vignes. Stéphen Liégeard racheta l'ancienne demeure à la famille Darcy et la fit démolir pour construire le château actuel à la fin du XIXe, très ouvragé, en s'inspirant de celui d'Azay-le-Rideau. La légende raconte qu'il comptait 40 chambres pour accueillir les 40 académiciens, Stéphen Liégeard, écrivain lui-même, rêvant de les rejoindre. Au printemps 1945, il fut réquisitionné pour installer le centre de renseignement secret des services d'espionnage américain. Il accueille maintenant un lycée. Le parc a toujours sa grotte de rocaille, une étrange petite tour isolée et l'orangerie transformée en annexe.
Nous découvrons aussi à Brochon le clocher roman cistercien de l'église Saint-Symphorien, dotée d'un porche XIXe (?). L'église primitive était peut-être la chapelle d'un hospice ou hôpital disparu. L'édifice actuel remonte au Xllle, mais fut modifié aux XVe et XVIle. Les visiteurs remarqueront le chœur gothique et un oculus permettant, dit-on, de présenter le Saint Sacrement aux lépreux qui ne pouvaient pénétrer dans l'église. Jusqu'en 1861, Fixin faisait partie de la paroisse de Brochon. De son côté, la mairie école XIXe s'honore de posséder deux petites cloches piquées sur son toit, tandis que la maison de maître XIXe au toit d'ardoise d'un domaine viticole se dresse à proximité.
Le tunnel de la combe Lavaux, à l'écart, se trouve sur le territoire de Brochon ! On l'imagine difficilement aujourd'hui, mais avant la construction de la route à la fin du XIXe, il était assez compliqué de monter à Chambœuf. Élargi en 1835 ou 1836 le sentier de fond de combe, devenu chemin, butait toujours en bout de vallée contre la paroi rocheuse. Une belle marche qui empêchait les chariots de passer et qu'on appelait le "quart d'échelle". Il fallait effectivement escalader le rocher pour passer avec une échelle. En 1869, devient CD31, mais la route s'arrêtait toujours contre la petite falaise. On déchargeait les bagages, on les hissait au sommet et là, on rechargeait bagages et voyageurs dans un nouveau chariot qui attendait. Quant aux passagers, il leur fallait jouer les escaladeurs, dames comprises ! Et en ces temps-là, la robe était de mise ! Le percement du tunnel en 1887 permit enfin le passage d'une nouvelle route consentant à relier Gevrey-Chambertin à Chambœuf sans escalader le quart d'échelle et sans passer d'un chariot à un autre avec armes et bagages.
Terminons avec cet évènement : en 1540, un porc de Brochon qui dévora un nourrisson fut condamné à être pendu, ce qui, en regard à la rapidité de jugement des habitants laissa le dicton : « À Brochon, il n’y a que pendus » et valut aux habitants ce surnom de "pendus". Enfin, n'oublions pas cette devise locale qui nous dit : « Qui a la paix chez soi vit comme un roi ».
André Beuchot
LE LAVOIR DE VOUTENAY SUR CURE
Le 15/08/2023
Souvenir de mon séjour dans l'Yonne Juillet 2023
LE LAVOIR DE VOUTENAY SUR CURE
L'un des exemples les plus accomplis est le lavoir de Voutenay-sur-Cure, sur le ru du Vau-de-Bouche. Sa construction en 1825 va de pair avec l'édification d'un nouveau pont remplaçant celui de 1790 ; il s'agit d'un projet d'ensemble mettant en perspective le pont et le lavoir, cadrant le paysage en marquant l'entrée du village.
L'ensemble pont et lavoir a été inscrit en 1960 aux Monuments Historiques et comme le précise la note de présentation : "Ce lavoir est très bien conservé, édifié en même temps que le pont et composé avec lui, est particulièrement vu de la route Auxerre-Avallon. Il montre la haute qualité d'architecte que les ingénieurs des Ponts et chaussées avaient encore au début du XIXème siècle, continuant la tradition du XVIIIème siècle".
L'édifice de plan carré se situe sur une plate-forme de plan circulaire partageant les eaux du lavoir et celles de la rivière en deux bras. Cet ouvrage est l'œuvre de l'architecte avallonnais Edmé TIRCUIT, actif dans la région pendant la seconde moitié du XIXème siècle et auteur de plusieurs constructions : pont de Massangis, églises de Santigny, Brosses, L’Isle-sur-Serein, Cisery et de nombreux lavoirs dont ceux de Santigny et Dissangis (pour ceux qui lui sont communément attribués).













Le 14/08/2023
Bonjour à toutes les vagabondeuses et les vagabondeurs.
Comme promis, je complète mon article sur le Château de BROCHON des anecdotes que nous a fourni notre guide Mr Laurent FROMENTIN ainsi que d'autres photos que j'ai prises tant en extérieur qu'en intérieur.
La maison qu'Etienne Liégeard (grand-père de Stéphen Liégeard) a acheté en 1804. Elle servira de demeure à Stéphen Liégeard pendant quand ce dernier est à Brochon avant la construction du château.

Elle sera complétée ensuite d'un bâtiment adjacent qui servira d'orangerie au rez-de-chaussée et de logement aux jardiniers à l'étage.


Joli petit pavillon qui d'après la légende aurait été utilisé par Prosper Jolyot de Crébillon. Poète, écrivain et dramaturge français né le 13 janvier 1674 à Dijon, Prosper Jolyot de Crébillon est décédé le 17 juin 1762 à Paris à l'âge de 88 ans. Élu à l'Académie française le 1er septembre 1731, puis nommé membre de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen le 21 novembre 1754, Crébillon repose dans le cimetière de Saint-Gervais-Saint-Protais à Paris.




En haut de la tour carré qui s'élève à plus de vingt mètres de haut se situe une lanterne à la Chambord terminée par un petit lanterneau. Ce minuscule campanile est le point le plus haut du château auquel on puisse accéder par un petit escalier métallique en colimaçon, pour avoir une vue panoramique sur une partie de la côte viticole.



Dans un décroché du corps du bâtiment central, un imposant vase en pierre rouge de Brochon d'une hauteur d'environ 2 mètres a été commandé par Mme Mathilde Liégeard en 1899 au sculpteur Xavier SCHANOSKY.

A quelques mètres au dessus de ce vase, un grand cartouche surmonté d'un mufle de lion, porte l'inscription SALVE. Il s'agit d'un terme latin signifiant "je vous salue". Petit mot de bienvenue destiné à accueillir les hôtes du très courtois Mr Liégeard.

La façade Ouest à droite du perron d'entrée évoque la galerie des Loges du château de Blois avec ses arcades cintrées. Mais à Brochon, elles sont fermées de vitraux.

En haut du bâtiment central se trouve une magnifique fenêtre à meneaux où l'on retrouve les initiales du maître de maison.


L'entrée du château est pour le moins original car elle se trouve à la croisée de deux façades. La rotonde du perron se distingue par la richesse des sculptures.




La façade Est ouvre sur une vaste terrasse de 25 X 10 m qui domine le bas du parc. Cette façade est celle qui présente la plus grande influence des châteaux de la Loire.
Anecdote: on dit qu'un cheval aurait été inhumé sous la terrasse, probablement mort d'épuisement après avoir charrié des tonnes de terre.

Les deux tourelles d'angles terminées en cul-de-lampe (en forme d'échauguettes), s'inspirent de celles du château d'Azay le Rideau.
Petit clin d'œil du propriétaire, dans le décor des banderoles des tourelles sont gravés quelques titres d'ouvrages du poète Liégeard. Sur la tourelle sud, on peut lire, le Verger d'Isaure publié en 1870 - les Grands Cœurs couronné par l'Académie Française en 1894 et sur la tourelle nord, Rêves et Combats de 1892 - La Côte-d’Azur ouvrage composé à Brochon.
Anecdote, Stéphen Liégeard est considéré comme le parrain de la Côte d'Azur. Son ouvrage phare qui le mit à la postérité "La Côte-d’Azur" fût rédigé à Brochon en 1887. Il possédait une propriété à Cannes, la Villa des Violettes et y passait tous ses hivers. On appelait encore cette région la Riviéra Française. S'émerveillant de la beauté de ses paysages, il l'a décrivit comme une "terre bénie des Dieux, je la nomme Côte-d’Azur".




La porte d'entrée ou de service, selon l'usage, à une particularité: outre un bel heurtait de bronze et une poignée ornée d'une salamandre (que l'on retrouve aussi aux portes intérieures), elle possède un morceau d'architecture du Palais des Tuileries, scellé au dessus, en linteau.
C'est un souvenir que Stéphen Liégeard, qui était très attaché au Second Empire, a voulu conserver avec nostalgie, et exhiber à ses visiteurs comme un symbole de ce double crime qu'était à ses yeux le régime déchu et l'incendie qui ravagea le Palais des Tuileries en 1871.





Le 13/08/2023
Bonjour à toutes les vagabondeuses et tous les vagabondeurs.
Aujourd'hui je vais partager avec vous ma visite du Château de BROCHON.
Il s'agit d'une visite organisée par les Amis du Château Stéphen-Liégeard que je remercie chaleureusement. Notre guide a une connaissance du site et de la vie de Stéphen Liégeard extraordinaire.
Je vais d'abord vous parler du château et je compléterai l'article de quelques anecdotes ou détails dont je me souviens. Mais vous me connaissez, j'en ai déjà oublié une grande partie alors j'y retournerai l'année prochaine.
Je vous ferai aussi un article sur Monsieur Stéphen Liégeard. Honnêtement je le connaissais de nom mais j'ai découvert un homme engagé et pleins de surprises.
Bonne lecture et bizouille de la grenouille.


Le château de Brochon est un château néorenaissance du xixe siècle à Brochon, en Côte-d'Or, en Bourgogne-Franche-Comté. Il a été bâti par l'homme de lettres Stéphen Liégeard et abrite depuis 1962 le lycée Stéphen-Liégeard.
Histoire
L'origine du domaine
Au xive siècle, Philippe le Hardi, premier duc Valois de Bourgogne et fils du roi de France Jean II le Bon, fait don à l'ordre des Chartreux d'un domaine situé à Brochon. Il s'agit de bâtiments renforcés ainsi que d'autres constructions, entourés de vignes. Au xviie siècle, des terres de ce domaine, le "Crais-Billon"l, sont achetées par Melchior Jolyot originaire de Nuits-Saint-Georges, greffier en chef de la chambre des comptes de Bourgogne et de Bresse, et père de Prosper Jolyot de Crébillon dit "Crébillon père". Le nom de ce petit « fief » est transformé en Crébillon ; il serait une des sources de la revendication nobiliaire des Jolyot. En 1804, Étienne Liégeard, membre d'une vieille famille dijonnaise proche des milieux bonapartistes, fait l'acquisition d'une partie du domaine. En 1843, son fils Jean-Baptiste Liégeard (1811-1887), futur maire de Dijon, agrandit celui-ci. Finalement, en 1879, le petit-fils d'Étienne, Stéphen Liégeard (1830-1925), ancien homme politique, écrivain et poète en vue, complète l'ensemble. Fortuné, il rachète le reste des terres à la famille Darcy. Il songe alors à y bâtir un château néorenaissance.
L'ambitieux projet de Stéphen Liégeard
Le désir de Liégeard était de doter le village de Brochon, et plus particulièrement son domaine, d'un monument de référence. Cet édifice d’exception est le dernier château d'une réelle ampleur construit en Côte-d'Or. Stéphen Liégeard souhaitait bâtir un château néorenaissance car "ce qu'il manque à la Bourgogne, disait-il, ce sont les châteaux de la Loire." Entamé en 1895 peu après la grave crise du phylloxéra, le chantier de construction avait aussi une vocation philanthropique : Liégeard voulait redonner du travail aux petits exploitants viticoles ruinés.
La construction du château
Dès ses achats de 1879, Liégeard fait démolir les derniers bâtiments des Chartreux (excepté la "tour Crébillon"). Le chantier du château démarre en 1895 et s'achève en 1899 pour le gros-œuvre. Le décor, lui, est terminé en 1902. Des personnes de renommée régionale et nationale sont appelées pour diriger les travaux. Le parc est dessiné par le paysagiste Bühler qui fixe l'emplacement du nouveau château. Les architectes sont Leprince et Perreau. Louis Perreau devait construire à Dijon l’Hôtel des Postes de la place Grangier et l’immeuble Art nouveau voisin. L'architecture est néorenaissance, fortement influencée par les réalisations ligériennes (Azay-le-Rideau pour la façade est, Chenonceau pour ses grandes arcades, Blois et Chambord pour les cheminées et chiens-assis). La décoration intérieure, par contre, est inspirée du xviiie siècle (Rocaille, Louis XVI). Elle est confiée à des artistes de renom : Schanosky (lambris), Achille Cesbron (peintures), Paul Gasq (sculptures).
Un château devenu lycée
Le château ne resta pas longtemps dans la famille Liégeard : Gaston Liégeard, fils de Stéphen, meurt célibataire en 1953 ; son neveu, seul héritier, refuse la succession. L'État hérite alors des lieux, conformément au testament de Gaston Liégeard. Les pouvoirs publics décident d'affecter le château à l'enseignement dès la rentrée 1954, comme lycée. Les lieux sont alors sous la responsabilité du lycée Marcelle-Pardé puis du lycée Carnot. En 1962, l'Éducation nationale décide de fonder le nouveau lycée Stéphen-Liégeard. La construction d'un nouveau bâtiment entraîne la disparition de la serre et du potager dont il ne reste plus que la borne de la fontaine qui l'alimentait en eau. La roseraie est en voie de reconstitution dans le domaine du parc. Depuis 1975, les façades et la décoration intérieure sont inscrites au titre des monuments historiques[5]. Enfin, en 1994, l'Association des Amis du Château Stéphen-Liégeard de Brochon s'est donné pour but de promouvoir la connaissance de ce remarquable patrimoine bourguignon.
Description
Extérieur
C'est un bâtiment en L composé de deux corps de logis reliés entre eux par un important pavillon de deux étages carrés, sur lesquels sont greffées tours ou tourelles. Le grand hall, éclairé par des verrières d'Édouard Didron comportant les initiales "SL" entrelacées, est couvert d'un plafond à caisson. Son escalier d'honneur, à deux volées perpendiculaires, donne accès à une galerie qui distribue le premier étage. Le rez-de-chaussée comporte cinq pièces principales : la bibliothèque, le salon, la salle de billard, la salle à manger et le bureau de Gaston Liégeard. Le premier étage comprend une dizaine de chambres, dont celle de Stéphen Liégeard et celle de son épouse Mathilde. Sous les combles, une vingtaine de chambres ont été aménagées, sans décor particulier. À l'étage de comble du corps principal, une très vaste pièce, destinée aux loisirs, fut aménagée en laissant la charpente apparente. Les matériaux utilisés proviennent pour la plupart de la région (pierre assez tendre du nord de la Côte-d'Or pour les sculptures, pierre plus dure pour le gros œuvre provenant principalement des carrières de Brochon, Chambolle, Premeaux et Comblanchien).






Décoration intérieure
Dans le hall d'entrée, à la base du grand escalier, un lion sculpté grandeur nature en ronde bosse est sans doute une allusion à l'image que Stéphen Liégeard voulait donner de lui-même. En effet, ce motif apparaît de nombreuses fois sur le décor sculpté des façades. Le hall abrite également une statue de jeune nymphe par Paul Gasq, Le Réveil de la source.





Le parc
Aménagé par le renommé Eugène Bühler, ce parc à l'anglaise aux essences variées contenait également un jardin alpin, une roseraie (avec 800 variétés), une rocaille avec grotte, des bassins, une serre et des statues d'agrément. L'édification de certains bâtiments du lycée a quelque peu modifié cet agencement.




