Châteaux et Manoirs
Le 14/08/2023
Bonjour à toutes les vagabondeuses et les vagabondeurs.
Comme promis, je complète mon article sur le Château de BROCHON des anecdotes que nous a fourni notre guide Mr Laurent FROMENTIN ainsi que d'autres photos que j'ai prises tant en extérieur qu'en intérieur.
La maison qu'Etienne Liégeard (grand-père de Stéphen Liégeard) a acheté en 1804. Elle servira de demeure à Stéphen Liégeard pendant quand ce dernier est à Brochon avant la construction du château.

Elle sera complétée ensuite d'un bâtiment adjacent qui servira d'orangerie au rez-de-chaussée et de logement aux jardiniers à l'étage.


Joli petit pavillon qui d'après la légende aurait été utilisé par Prosper Jolyot de Crébillon. Poète, écrivain et dramaturge français né le 13 janvier 1674 à Dijon, Prosper Jolyot de Crébillon est décédé le 17 juin 1762 à Paris à l'âge de 88 ans. Élu à l'Académie française le 1er septembre 1731, puis nommé membre de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen le 21 novembre 1754, Crébillon repose dans le cimetière de Saint-Gervais-Saint-Protais à Paris.




En haut de la tour carré qui s'élève à plus de vingt mètres de haut se situe une lanterne à la Chambord terminée par un petit lanterneau. Ce minuscule campanile est le point le plus haut du château auquel on puisse accéder par un petit escalier métallique en colimaçon, pour avoir une vue panoramique sur une partie de la côte viticole.



Dans un décroché du corps du bâtiment central, un imposant vase en pierre rouge de Brochon d'une hauteur d'environ 2 mètres a été commandé par Mme Mathilde Liégeard en 1899 au sculpteur Xavier SCHANOSKY.

A quelques mètres au dessus de ce vase, un grand cartouche surmonté d'un mufle de lion, porte l'inscription SALVE. Il s'agit d'un terme latin signifiant "je vous salue". Petit mot de bienvenue destiné à accueillir les hôtes du très courtois Mr Liégeard.

La façade Ouest à droite du perron d'entrée évoque la galerie des Loges du château de Blois avec ses arcades cintrées. Mais à Brochon, elles sont fermées de vitraux.

En haut du bâtiment central se trouve une magnifique fenêtre à meneaux où l'on retrouve les initiales du maître de maison.


L'entrée du château est pour le moins original car elle se trouve à la croisée de deux façades. La rotonde du perron se distingue par la richesse des sculptures.




La façade Est ouvre sur une vaste terrasse de 25 X 10 m qui domine le bas du parc. Cette façade est celle qui présente la plus grande influence des châteaux de la Loire.
Anecdote: on dit qu'un cheval aurait été inhumé sous la terrasse, probablement mort d'épuisement après avoir charrié des tonnes de terre.

Les deux tourelles d'angles terminées en cul-de-lampe (en forme d'échauguettes), s'inspirent de celles du château d'Azay le Rideau.
Petit clin d'œil du propriétaire, dans le décor des banderoles des tourelles sont gravés quelques titres d'ouvrages du poète Liégeard. Sur la tourelle sud, on peut lire, le Verger d'Isaure publié en 1870 - les Grands Cœurs couronné par l'Académie Française en 1894 et sur la tourelle nord, Rêves et Combats de 1892 - La Côte-d’Azur ouvrage composé à Brochon.
Anecdote, Stéphen Liégeard est considéré comme le parrain de la Côte d'Azur. Son ouvrage phare qui le mit à la postérité "La Côte-d’Azur" fût rédigé à Brochon en 1887. Il possédait une propriété à Cannes, la Villa des Violettes et y passait tous ses hivers. On appelait encore cette région la Riviéra Française. S'émerveillant de la beauté de ses paysages, il l'a décrivit comme une "terre bénie des Dieux, je la nomme Côte-d’Azur".




La porte d'entrée ou de service, selon l'usage, à une particularité: outre un bel heurtait de bronze et une poignée ornée d'une salamandre (que l'on retrouve aussi aux portes intérieures), elle possède un morceau d'architecture du Palais des Tuileries, scellé au dessus, en linteau.
C'est un souvenir que Stéphen Liégeard, qui était très attaché au Second Empire, a voulu conserver avec nostalgie, et exhiber à ses visiteurs comme un symbole de ce double crime qu'était à ses yeux le régime déchu et l'incendie qui ravagea le Palais des Tuileries en 1871.





Le 13/08/2023
Bonjour à toutes les vagabondeuses et tous les vagabondeurs.
Aujourd'hui je vais partager avec vous ma visite du Château de BROCHON.
Il s'agit d'une visite organisée par les Amis du Château Stéphen-Liégeard que je remercie chaleureusement. Notre guide a une connaissance du site et de la vie de Stéphen Liégeard extraordinaire.
Je vais d'abord vous parler du château et je compléterai l'article de quelques anecdotes ou détails dont je me souviens. Mais vous me connaissez, j'en ai déjà oublié une grande partie alors j'y retournerai l'année prochaine.
Je vous ferai aussi un article sur Monsieur Stéphen Liégeard. Honnêtement je le connaissais de nom mais j'ai découvert un homme engagé et pleins de surprises.
Bonne lecture et bizouille de la grenouille.


Le château de Brochon est un château néorenaissance du xixe siècle à Brochon, en Côte-d'Or, en Bourgogne-Franche-Comté. Il a été bâti par l'homme de lettres Stéphen Liégeard et abrite depuis 1962 le lycée Stéphen-Liégeard.
Histoire
L'origine du domaine
Au xive siècle, Philippe le Hardi, premier duc Valois de Bourgogne et fils du roi de France Jean II le Bon, fait don à l'ordre des Chartreux d'un domaine situé à Brochon. Il s'agit de bâtiments renforcés ainsi que d'autres constructions, entourés de vignes. Au xviie siècle, des terres de ce domaine, le "Crais-Billon"l, sont achetées par Melchior Jolyot originaire de Nuits-Saint-Georges, greffier en chef de la chambre des comptes de Bourgogne et de Bresse, et père de Prosper Jolyot de Crébillon dit "Crébillon père". Le nom de ce petit « fief » est transformé en Crébillon ; il serait une des sources de la revendication nobiliaire des Jolyot. En 1804, Étienne Liégeard, membre d'une vieille famille dijonnaise proche des milieux bonapartistes, fait l'acquisition d'une partie du domaine. En 1843, son fils Jean-Baptiste Liégeard (1811-1887), futur maire de Dijon, agrandit celui-ci. Finalement, en 1879, le petit-fils d'Étienne, Stéphen Liégeard (1830-1925), ancien homme politique, écrivain et poète en vue, complète l'ensemble. Fortuné, il rachète le reste des terres à la famille Darcy. Il songe alors à y bâtir un château néorenaissance.
L'ambitieux projet de Stéphen Liégeard
Le désir de Liégeard était de doter le village de Brochon, et plus particulièrement son domaine, d'un monument de référence. Cet édifice d’exception est le dernier château d'une réelle ampleur construit en Côte-d'Or. Stéphen Liégeard souhaitait bâtir un château néorenaissance car "ce qu'il manque à la Bourgogne, disait-il, ce sont les châteaux de la Loire." Entamé en 1895 peu après la grave crise du phylloxéra, le chantier de construction avait aussi une vocation philanthropique : Liégeard voulait redonner du travail aux petits exploitants viticoles ruinés.
La construction du château
Dès ses achats de 1879, Liégeard fait démolir les derniers bâtiments des Chartreux (excepté la "tour Crébillon"). Le chantier du château démarre en 1895 et s'achève en 1899 pour le gros-œuvre. Le décor, lui, est terminé en 1902. Des personnes de renommée régionale et nationale sont appelées pour diriger les travaux. Le parc est dessiné par le paysagiste Bühler qui fixe l'emplacement du nouveau château. Les architectes sont Leprince et Perreau. Louis Perreau devait construire à Dijon l’Hôtel des Postes de la place Grangier et l’immeuble Art nouveau voisin. L'architecture est néorenaissance, fortement influencée par les réalisations ligériennes (Azay-le-Rideau pour la façade est, Chenonceau pour ses grandes arcades, Blois et Chambord pour les cheminées et chiens-assis). La décoration intérieure, par contre, est inspirée du xviiie siècle (Rocaille, Louis XVI). Elle est confiée à des artistes de renom : Schanosky (lambris), Achille Cesbron (peintures), Paul Gasq (sculptures).
Un château devenu lycée
Le château ne resta pas longtemps dans la famille Liégeard : Gaston Liégeard, fils de Stéphen, meurt célibataire en 1953 ; son neveu, seul héritier, refuse la succession. L'État hérite alors des lieux, conformément au testament de Gaston Liégeard. Les pouvoirs publics décident d'affecter le château à l'enseignement dès la rentrée 1954, comme lycée. Les lieux sont alors sous la responsabilité du lycée Marcelle-Pardé puis du lycée Carnot. En 1962, l'Éducation nationale décide de fonder le nouveau lycée Stéphen-Liégeard. La construction d'un nouveau bâtiment entraîne la disparition de la serre et du potager dont il ne reste plus que la borne de la fontaine qui l'alimentait en eau. La roseraie est en voie de reconstitution dans le domaine du parc. Depuis 1975, les façades et la décoration intérieure sont inscrites au titre des monuments historiques[5]. Enfin, en 1994, l'Association des Amis du Château Stéphen-Liégeard de Brochon s'est donné pour but de promouvoir la connaissance de ce remarquable patrimoine bourguignon.
Description
Extérieur
C'est un bâtiment en L composé de deux corps de logis reliés entre eux par un important pavillon de deux étages carrés, sur lesquels sont greffées tours ou tourelles. Le grand hall, éclairé par des verrières d'Édouard Didron comportant les initiales "SL" entrelacées, est couvert d'un plafond à caisson. Son escalier d'honneur, à deux volées perpendiculaires, donne accès à une galerie qui distribue le premier étage. Le rez-de-chaussée comporte cinq pièces principales : la bibliothèque, le salon, la salle de billard, la salle à manger et le bureau de Gaston Liégeard. Le premier étage comprend une dizaine de chambres, dont celle de Stéphen Liégeard et celle de son épouse Mathilde. Sous les combles, une vingtaine de chambres ont été aménagées, sans décor particulier. À l'étage de comble du corps principal, une très vaste pièce, destinée aux loisirs, fut aménagée en laissant la charpente apparente. Les matériaux utilisés proviennent pour la plupart de la région (pierre assez tendre du nord de la Côte-d'Or pour les sculptures, pierre plus dure pour le gros œuvre provenant principalement des carrières de Brochon, Chambolle, Premeaux et Comblanchien).






Décoration intérieure
Dans le hall d'entrée, à la base du grand escalier, un lion sculpté grandeur nature en ronde bosse est sans doute une allusion à l'image que Stéphen Liégeard voulait donner de lui-même. En effet, ce motif apparaît de nombreuses fois sur le décor sculpté des façades. Le hall abrite également une statue de jeune nymphe par Paul Gasq, Le Réveil de la source.





Le parc
Aménagé par le renommé Eugène Bühler, ce parc à l'anglaise aux essences variées contenait également un jardin alpin, une roseraie (avec 800 variétés), une rocaille avec grotte, des bassins, une serre et des statues d'agrément. L'édification de certains bâtiments du lycée a quelque peu modifié cet agencement.




