Séjour dans le CANTAL
CHÂTEAU DE BRANZAC
CHÂTEAU DE LA VIGNE
CHAPELLE DU PUY SAINT-MARY
Le 18/03/2026
Je savais que le château de Branzac ne se visitait pas mais j'espérais l'apercevoir.
Que néni, même pas de la route (peut-être pas pris le bon chemin), alors ma curiosité légendaire me pousse à faire des recherches et je ne suis pas déçue. Ce château est un mélange d'histoires et de légendes.
Avant de partager avec vous une description du château et son histoire, je vous conseille la lecture de ces deux vidéos qui permettent une excellente vision du site.
Le château de Branzac est un château du XVe siècle, remanié à la Renaissance, aujourd'hui en ruines, qui se dresse dans l'ancienne commune de Loupiac fusionné depuis 1972 à Pleaux, dans le Cantal.
Descriptions
Extérieurs
Il comporte deux grosses tours rondes et un corps de logis rectangulaire Renaissance avec des fenêtres à meneaux et une tourelle d'escalier polygonale.
L'ensemble est entouré d'une enceinte flanquée de tours pour le protéger du côté plateau, l'autre côté étant plus difficile d'accès à cause des pentes abruptes de la Maronne.
Alors qu'il était voué à la disparition, un nouvel acquéreur a entrepris de dégager et de consolider ses ruines.
En fait, la ruine est due en partie à la démolition par dynamite d'un angle du château afin d'utiliser les matériaux pour la construction du viaduc de la voie ferrée.
Intérieurs
Abandonné depuis un siècle, certaines de ses cheminées ont été démontées pour être remontées dans d'autres châteaux comme Pesteils et Conros.
Une de ses particularités les plus remarquables, est l'ensemble de fresques et de devises humanistes qu'avait fait réaliser Camile Caracciolo, des Princes de Melfi, une des filles d'honneur de Catherine de Médicis, alors comtesse d'Auvergne. En effet, Camille avait épousé à Paris en 1547 Claude de Pestels de Lévy, seigneur de Branzac et Polminhac.
Elles sont aujourd'hui fortement dégradées, mais elles étaient encore lisibles au début du XXe siècle.
Alors pour nous faire rêver, j'ai trouvé un descriptif de 1859 d'un certain DELALO Em:
Je crains bien que depuis cette époque elles n'aient éprouvé de nouvelles dégra. dations. La destination de la grande salle de Branzac a subi depuis la révolution de nombreuses vicissitudes : employée quelquefois comme grange supplémentaire pour serrer les récoltes, elle servait, quand je l'ai visitée, de dortoir aux domestiques de la ferme. Sans me dissimuler qu'une froide description ne peut donner qu'une idée imparfaite d'une peinture, j'ai pensé que les notes que j'ai prises dans le temps sur les lieux présenteraient quelque intérêt pour l'histoire des mœurs, et peut être pour celle de l'art, au xvr siècle, dans la Haute-Auvergne.
Le château de Branzac est en partie détruit; il ne reste debout qu'un grand corps de logis flanqué à l'occident de deux tours rondes, et dont la façade tournée au levant est ornée d'une élégante tour à pans coupés. C'est dans cette tour qu'est placé l'escalier à vis.
En entrant dans la tour, on trouve au rez-de-chaussée, à gauche, une porte d'entrée; c'est celle de la grande salle; placée dans un angle de cette pièce, elle fait face à une autre porte qui se trouve dans l'angle correspondant et qui donne accès dans un cabinet voûté. La salle est éclairée par trois grandes croisées, dont deux sont au levant et la troisième au couchant.
Une immense cheminée servait à la chauffer. Elle a 3 mètres 50 centimètres de largeur, 2 mètres de hauteur et 1 mètre 35 centimètres de profondeur. Les chambranles sont formés par deux faisceaux de colonnettes, le manteau est orné de sept rangs de moulures arrondies, le tout en pierres taillées.
Au-dessus de la porte d'entrée on a peint une Diane en pied, tenant une lance de la main droite et appuyant la main gauche sur le bois d'un cerf. A sa droite est une biche, à ses pieds un lièvre, dans un coin on voit un sanglier.
A gauche de la porte on a représenté un personnage portant sur son dos une hotte pleine de rats; en avant est cette inscription :
« Gardez-vous bien d'ung rappourteur. »
En face, un suisse, le casque en tête et la hallebarde à la main, lui défend l'entrée en ces termes:
Qui rit et mort, qui mèsdit et rapporte
N'entre point céans je lui défans la porte.
Plus haut et au-dessus de ces deux figures, dans un médaillon, on voit Vénus couchée; elle est nue; Mars est à son côté. Ce médaillon est surmonté d'arabesques d'un bon goût.
Au plafond de l'embrasure de la première croisée, on remarque un astrologue à longue barbe, à figure noire, tenant un bouclier à la main. Autour de ce personnage on lit :
« Ne te fide n as inganato. »
On pourrait, je crois, traduire ainsi cette inscription en partie effacée : « Ne te fie, tu ne seras trompé. »
Plus bas sont ces deux vers:
Ceste figure en bon cens signifie
Que se est traitr'en qui plus on se fie.
Entre les croisées le mur est couvert d'arabesques qui encadrent deux médaillons en grisaille, représentant des chevaliers armés de toutes pièces , la téte baissée, la lance en arrêt, combattant en champ clos.
Au plafond de l'embrasure de la seconde croisée on voit un écusson parti, au premier de Pestels, au second de Lévy, avec cette jolie devise:
« J'atens fortune. »
A gauche de la cheminée, un docteur assis dans un fauteuil, ayant une longue barbe, vêtu d'une longue robe fourrée, coiffé d'une barrette noire, tient une plume à la main et écrit. Auprès est cette légende:
Qui sapiens est jam mortem ante oculos
Considerat, jam se mortem (pour mortuum) reputat,
Quam se moriturum pro certo siat (sic).
1571.
Sur le manteau de la cheminée on avait peint trois écussons complètement effacés; celui du milieu avait deux griffons pour support et une tête de Maure pour cimier.
A droite de la cheminée est un trophée d'armes composé d'une lance surmontée d'un casque a laquelle sont enlacés symétriquement la cuirasse, les brassards, le bouclier, la dague, les gantelets et les cuissards.
Au-dessus de la seconde porte est un portrait en pied, sans doute celui du seigneur de Branzac. Il est vêtu d'un pourpoint et d'un haut-de-chausses noir ; il porte par dessus une robe courte, ouverte sur le devant et doublée d'écarlate. Sa main gauche est appuyée sur la garde de son épée; de la droite il tient un gant. La figure et la coiffure ont té refaites, et on a eu la singulière idée de substituer un tricorne à lu toque de velours ou au chapeau à plumes du XVI° siècle.
Au plafond de l'embrasure de la croisée occidentale une jeune et jolie femme, richement parée, vêtue d'une robe noire, coiffée d'un chapeau de feutre à haute forme et à bords étroits, se regarde dans un miroir qui reproduit une tête de mort. Au-dessous on lit cette inscription fort morale sans doute, mais peu galante.
Ne peult estre homme sans estre charitable.
Qui faict ses choses par conseil loing ou près ,
Aucunement ne s'en repent après.
Travailler doit chascun en sa jeunesse
Pour mieulx avoir repos en sa viellesse.
Prudence apprent à vivre par raison ,
La ou elle est heureuse est la maison.
Faveur a maint porte grand préjudice.
Là ou elle est ne règne point justice.
Il n'est péché tant soit tenu celé ,
Qu'enfin ne soyt cogneu et révelé.
La famme faict ou défaict un ménage ,
Qui bonne l'a est heureux en son cage.
Petit parler et belle contenance ,
Doit estre en famme sans nulle différence.
Humillité a tout homme bien siet
Plus se tient bas et plus haut ou l'assiet.
A son amy on ne doit rien celer,
Ny le secret d'y celluy révéler.
Amy féal vault mieulx qu'argent ne or
Qu'en peult trouver amasse grand trésor.
Donner a point, saigement retenir .
Faict en éstat le riche homme tenir.
Aymer flatteurs, croyre légierement .
Engendre maulx innumérablement.
La plus haute salle du château était ornée de peintures du même style que celles de la grande salle; il n'en reste plus qu'un fragment dans l'embrasure d'une croisée. Un jeune homme en manteau court salue une jeune femme vêtue d'une robe- traînante. Au bas on lit ces vers qui montrent, la décadence des idées chevaleresques.
A maryer la fille est amyable
Mes tost après elle est pire diable
Dans cette embrasure est un siége en pierre, surmonté d'un dais gothique du style flamboyant. Les sculptures en sont fort délicates et d'une bonne exécution.
Les fresques de Branzac, si l'on en excepte les arabesques et les grisailles, sont peu remarquables au point de vue de l'art; mais comme représentation de l'esprit et des mœurs de l'époque, elles ont leur valeur. D'une part, cette image de la mort reproduite sous divers aspects, ces sentences lugubres ; de l’autre, le tableau très-peu voilé des amour» de Mars et de Vénus sont caractéristiques et portent la vive empreinte de cette ère où l’on jouait avec la mort, tout en se livrant à la débauche (châteaubriant, Etudes hist.)
La maxime italienne, surtout par la pensée, que nous avons citée, et l'orthographe de certains mots, me portent à penser que les peintures murales du château de Branzac sont d'un artiste italien. Cette conjecture prend plus de force si l'on considère qu'en 1571 le château de Branzac appartenait à Claude de Pestels, qui avait épousé en 1347 Camille Caraccioli, fille de Jean Caraccioli. prince de Melphes au royaume de Naples.
L'écusson qui représente les armes de Pestels et de Lévy, pourrait faire présumer que ce n'est qu'après le mariage de Jean-Claude de Pestels avec Jeanne de Lévy, qui eut lieu en 1574, que ces peintures ont été exécutées; mais cette conjecture ne serait pas fondée : ces peintures portent la date de 1571 ; d'ailleurs il m'a semblé que l'écusson était d'une autre main et avait été peint après coup.
Historique
Branzac était, avant 1789, le siège d'une viguerie ou justice seigneuriale régie par le droit coutumier et ressortissait à la sénéchaussée d'Auvergne, en appel du bailliage de Salers.
Formes du nom
• Varanzac, en 1150[3] et en 1464 (terrier de Saint-Christophe).
• Vranzac, en 1580 (terrier de Polminhac) et en 1610 (dans un aveu de Jehan de Pestels).
• Vranzat, en 1627.
• Brenzac, 1687 ; Brensac, 1690 ; Bransac, 1736 (état civil).
Possesseurs successifs
• Après 1324, Aymeric III de Pestels acquiert les droits indivis de la châtellenie et de la viguerie de Branzac de Bertrand de Vigier, puis de Bertrand de Vigouroux. Par la suite, il hérita du surplus de la viguerie en vertu d'un testament de Philippie de Vigouroux, veuve de Hugues de Sérinhac. En outre, Bertrand de La Tour et Guy son fils lui vendront leurs droits moyennant 300 Florins d'or.
• En 1636, Jean VI de Tubière de Grimoard de Pestels de Caylus, (1637-1679) comte de Pestels, de Caylus, de Verfeils, seigneur de Fontanges, de Branzac, épouse Madeleine de Bourbon, fille d'Henri III de Bourbon (1577-1649), baron de Malause, et de Marie de Châlon.
• Le château et la seigneurie de Branzac sont acquis par la famille de Robert de Lignerac.
• En 1777, Paul d'Anglars de Bassignac (1718-1796), seigneur de Bassignac, Pestels, Fontanges, capitaine d'infanterie au Royal-Roussillon, puis lieutenant des Maréchaux de France au département d'Aurillac, achète Branzac à Achille Robert de Lignerac. Vers la même époque, Pierre-André Beynaguet (1744-1804), devient fermier (régisseur) de la baronnie de Branzac.
• En 1833, Barthélémy d'Anglars, seigneur de Bassignac, fils du précédent, officier, ancien président de l'assemblée provinciale à Mauriac, vend le château et le domaine de Branzac à Jean Servet, de Saint-Santin-Cantalès.
Légendes
Côté légendes, rien de mieux que d'écouter un conteur. Cette vidéo reprend plusieurs sites de légendes.
Le premier chapitre raconte celles du château de Branzac. Nous la retrouverons dans deux autres articles de mon vagabondage dans le Cantal.