Bonjour à toutes les vagabondeuses et les vagabondeurs.
Dans mon précédent article sur le Château de BROCHON, j'ai évoqué les commodités dont bénéficiait cette demeure et plus particulièrement l'alimentation en eau par une éolienne.
Ma curiosité m'a donc poussé à retourner à Brochon pour voir par moi-même.
J'en profite pour vous présenter un peu la commune et ce que j'en ai vu.
Bonne lecture.
Brochon est une commune viticole française située dans le département de la Côte-d'Or, en région Bourgogne-Franche-Comté.
Ce village touristique et viticole, situé sur la route des Grands Crus le long de la côte de Nuits jouit d'une réputation mondiale de prestige grâce à ses vins de Bourgogne dont le plus célèbre Gevrey-Chambertin Les Evocelles.
Les habitants de Brochon se nomment les Brochonnais. Ce petit village est jumelé avec Weinolsheim.
Histoire
Le toponyme de Brochon tire son origine de la Villa Briscona (878). On trouve dans des écrits de 1190 le nom de Brochun avant que ne s'impose la forme définitive de Brochon (1550).
Une nécropole mérovingienne découverte au xixe siècle, au Clos Dubard et au Pré Maley, témoigne d'une présence humaine ancienne sur le territoire de Brochon.
Au Moyen Âge, le village est placé sous l'autorité de plusieurs seigneurs et ordres religieux.
On trouve en 801, la maison Dieu, un hôpital: Moutier, (qui signifie ancienne abbaye) chartreuse fondée par Charlemagne moines hospitaliers de la congrégation Saint-Antoine, ensuite avec les guerres elle fut bien abimée et a servi de léproserie puis détruite. Les moines ont été s’installer en 1385 à Champmol à Dijon où Philippe le Hardi et Marguerite de Flandres leur avaient fait construire Champmol.
Blasonnement :

D'azur à l'aigle d'or tenant un lis des jardins d'argent (au naturel) dans son bec.
Lieux et monuments
Le château de Brochon que je vous ai présenté dans mon article précédent.
Juste une petite photo de l'entrée du château
L'éolienne, parfois appelée « le moulin », a été construite juste avant 1900 par Stéphen Liégeard pour permettre l'alimentation en eau courante du château. Elle surmonte un réservoir sur lequel, selon certains dires, on pouvait autrefois circuler en barque. L'éolienne de Brochon (type 1) a été inventée par le Sarthois Ernest-Sylvain Bollée (1814-1891), qui servait au pompage de l'eau. Elle fut produite en France de 1872 à 1933, à environ 350 exemplaires, qui furent installés principalement en France, dans quarante-quatre départements. Environ 80 sont encore visibles. Ernest Sylvain Bollée a utilisé le mot « éolienne » pour la première fois (1885) comme nom commun et non plus comme un adjectif (énergie éolienne). Le mot se retrouve dans le Larousse quelques années plus tard en 1907. L'éolienne de Brochon est inscrite à l'inventaire des Monuments historiques depuis 1984.
Ernest-Sylvain Bollée dépose son brevet en 1868. Il imagine l'emploi d'une roue fixe dite « directrice » munie d'aubes courbes destinées à diriger les filets d'air perpendiculairement au plan de chaque aube de la roue motrice, mobile, située derrière et sur le même axe horizontal, « de manière à imprimer plus directement le mouvement à cette dernière ».
La roue motrice commande la transmission par l'intermédiaire d'un couple conique, et pour compenser la réaction du couple d'entraînement qui empêche ladite roue motrice « de se tenir complètement perpendiculaire au sens du courant du vent », Ernest-Sylvain Bollée excentre son axe horizontal de rotation par rapport à l'axe vertical d'orientation. Tout l'appareil moteur est monté à pivot sur une aiguille qui termine une grande colonne haubanée. Un escalier à spirale se développant autour de la colonne en fonte permet d'accéder à une plate-forme au-dessus et à proximité de laquelle se trouvent les roues directrice et motrice, le mécanisme d'orientation à moulin et le boîtier du couple conique supérieur.







Les inscriptions : certaines maisons du village portent de curieuses inscriptions : « Memento Mori », « plus de bien que de vie »...

L'église Saint-Symphorien : construite au xie siècle sur les bases de la chapelle primitive Sainte-Trinité, il ne reste de l'édifice roman que la base du clocher voûtée d'arêtes. Le chœur avec ses deux travées date du xve siècle. Des restaurations ont eu lieu aux xive et xviie siècles. Quant à la partie supérieure du clocher, elle est du xviiie siècle.









La Croix Violette
Cette demeure au toit vernissé, fît partie des propriétés de la famille Liégeard. C'est aujourd'hui une maison de retraite.


Domaine de SIRUGUE - Le Clos de la Belle Marguerite
Cette propriété fût donné en fief par le duc de Bourgogne Philippe le Hardi à Jacques de Crauson et son épouse Marguerite de Vergy dite la "Belle Marguerite" le 4 Juin 1372.

Quelques photos du vignoble de Brochon



Personnalités liées à la commune
• Marcel Caens, trompettiste ;
• Thierry Caens, trompettiste ;
• Crébillon ;
• Hugues-Iéna Darcy : cet ancien préfet se retire dans sa maison de Brochon en 1851;
• Gaston Liégeard ;
• Jean-Baptiste Liégeard ;
• Stéphen Liégeard ;
• Sœur Claire, religieuse.
Pour finir, je partage avec vous l'article de M. André Beuchot que l'on trouve dans les échos des communes. C'est grâce à lui que je découvre les communes de la Côte-d'Or.
Un curieux de passage à… BROCHON.
En 1980, une pièce d'habitation avec fondations en hérisson provenant sans doute d'une villa gallo-romaine fut mise à jour à 30 m au nord de l'église. Brochon livra également deux stèles, du mobilier et des sépultures d'époque gallo-romaine. L'occupation du territoire se poursuivit comme en témoigne la découverte d'une nécropole mérovingienne au XIXe.
En patois, Brochon, signifie : sarment sec. De quoi revendiquer un passé viticole pour ce village entouré de vignes parsemées de cabottes qui n'a pas droit à une appellation propre. La belle combe qui s'ouvre à l'ouest fut longtemps un des plus intéressants sites d'escalade de la région dominé par la "Dame Blanche", imposante roche en rive gauche. Le site est à présent classé en réserve naturelle. Au fond de la combe, une petite grotte sur la gauche (rive droite), abritera les promeneurs surpris par la pluie. Sa galerie étroite qui prolonge la belle voûte d'entrée, se trouve vite obstruée. En ressortant, vous pourrez garder votre lampe un instant pour pénétrer dans le deuxième piton rocheux qui émerge de la végétation par une minuscule ouverture en face, dénommée "l'Oreille du Lapin". Les promeneurs préféreront peut-être gagner le plateau par l'escalier aux Cent Marches et son petit pont rustique. Ils trouveront à 200 m une petite mare créée en 1989 à l'emplacement d'une zone marécageuse.
En redescendant au village, on passe devant une vieille et curieuse éolienne de Bollée XIXe alimentant autrefois en eau le château de Stéphen Liégeard installé en contrebas. Inventeur du terme "Côte d'Azur" en remplacement de "Riviera", il inspira à Alphonse Daudet le personnage du "Sous-préfet aux champs" des Lettres de mon moulin. Sur ce domaine ayant appartenu aux Chartreux était implanté un château fort entouré de vignes. Stéphen Liégeard racheta l'ancienne demeure à la famille Darcy et la fit démolir pour construire le château actuel à la fin du XIXe, très ouvragé, en s'inspirant de celui d'Azay-le-Rideau. La légende raconte qu'il comptait 40 chambres pour accueillir les 40 académiciens, Stéphen Liégeard, écrivain lui-même, rêvant de les rejoindre. Au printemps 1945, il fut réquisitionné pour installer le centre de renseignement secret des services d'espionnage américain. Il accueille maintenant un lycée. Le parc a toujours sa grotte de rocaille, une étrange petite tour isolée et l'orangerie transformée en annexe.
Nous découvrons aussi à Brochon le clocher roman cistercien de l'église Saint-Symphorien, dotée d'un porche XIXe (?). L'église primitive était peut-être la chapelle d'un hospice ou hôpital disparu. L'édifice actuel remonte au Xllle, mais fut modifié aux XVe et XVIle. Les visiteurs remarqueront le chœur gothique et un oculus permettant, dit-on, de présenter le Saint Sacrement aux lépreux qui ne pouvaient pénétrer dans l'église. Jusqu'en 1861, Fixin faisait partie de la paroisse de Brochon. De son côté, la mairie école XIXe s'honore de posséder deux petites cloches piquées sur son toit, tandis que la maison de maître XIXe au toit d'ardoise d'un domaine viticole se dresse à proximité.
Le tunnel de la combe Lavaux, à l'écart, se trouve sur le territoire de Brochon ! On l'imagine difficilement aujourd'hui, mais avant la construction de la route à la fin du XIXe, il était assez compliqué de monter à Chambœuf. Élargi en 1835 ou 1836 le sentier de fond de combe, devenu chemin, butait toujours en bout de vallée contre la paroi rocheuse. Une belle marche qui empêchait les chariots de passer et qu'on appelait le "quart d'échelle". Il fallait effectivement escalader le rocher pour passer avec une échelle. En 1869, devient CD31, mais la route s'arrêtait toujours contre la petite falaise. On déchargeait les bagages, on les hissait au sommet et là, on rechargeait bagages et voyageurs dans un nouveau chariot qui attendait. Quant aux passagers, il leur fallait jouer les escaladeurs, dames comprises ! Et en ces temps-là, la robe était de mise ! Le percement du tunnel en 1887 permit enfin le passage d'une nouvelle route consentant à relier Gevrey-Chambertin à Chambœuf sans escalader le quart d'échelle et sans passer d'un chariot à un autre avec armes et bagages.
Terminons avec cet évènement : en 1540, un porc de Brochon qui dévora un nourrisson fut condamné à être pendu, ce qui, en regard à la rapidité de jugement des habitants laissa le dicton : « À Brochon, il n’y a que pendus » et valut aux habitants ce surnom de "pendus". Enfin, n'oublions pas cette devise locale qui nous dit : « Qui a la paix chez soi vit comme un roi ».
André Beuchot
